Aug 30th 20

Les Inconvénients de la Distanciation Sociale

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Bonjour et merci à vous de nous rejoindre. Cet épisode est destiné aux personnes désirant apprendre le Français avec des sujets d’actualité, tout en passant un moment agréable. Ce podcast vous aidera à améliorer votre compréhension orale, votre grammaire, ainsi que votre vocabulaire.

Je vous encourage à faire des pauses, pour bien saisir le sens du texte qui va suivre.

Sur ce, je vous souhaite une excellente écoute et un bon apprentissage !

La distanciation sociale, les gestes barrières, le confinement, les quarantaines pour les voyageurs, le port du masque systématique dans les transports en commun puis, dans les espaces fermés publics et professionnels sont des mesures créées afin de réduire l’impact du COVID-19. Aujourd’hui, ces mesures, dont l’efficacité est plus ou moins avérée selon les différents contextes, ont été mises en places dans de nombreux pays, à une échelle internationale.

Comme nous le savons tous maintenant, ces mesures ont pour but de ralentir la progression de la pandémie et cela, pour deux raisons principalement. Dans un premier temps, elles permettent aux structures médicales en place de gérer l’afflux de nouveaux malades. Puis, en limitant le nombre de contaminations, elles nous donnent plus de temps afin de trouver une possible solution à la pandémie, comme un vaccin, par exemple.

2020 est une année qui ne manque pas d’éléments inconnus, de messages politiques et scientifiques confus, et d’une population mondiale qui ne sait plus où donner de la tête.

Mais quoiqu’il en soit, la vie continue. Elle continue avec de grandes nouveautés, telles la distanciation sociale et le port du masque, qui sont devenus quasi-obligatoires dès que nous sortons de notre logement.

Après avoir passé le Printemps confinés chez nous, nous voilà face à un été masqué où chaque personne est tenue de laisser quelques mètres d’écart entre elle-même et tout autre individu dans l’espace public. Et bientôt, la rentrée scolaire imminente nous offrira une abondance de questionnements centrés sur la sécurité des professeurs et des élèves.

Néanmoins, cette distanciation sociale créé un nouveau phénomène qui nous est méconnu : la distanciation affective. En effet, si la distanciation sociale est suivie à la lettre, cela veut dire que nous ne pouvons plus embrasser les membres de notre famille ou ne serait-ce, nos amis.

Pour une personne célibataire, cela veut dire que celle-ci ne devrait plus tenter d’approche romantique. Parce que si nous sommes réalistes, il est difficile d’apprendre à connaître une personne à une distance de deux mètres. Or, il reste la possibilité de l’amour virtuel mais celui-ci a ses limites dans la durée. Éventuellement, nous avons tous besoin de chaleur humaine et de pouvoir toucher l’autre, que ce soit pour exprimer notre amour, notre amitié ou nos désirs sexuels.

Prenons un autre exemple, celui des personnes âgées. Ces dernières sont les plus grandes victimes de cette pandémie. En conséquence, ce sont aussi celles que l’on encourage le plus à pratiquer la distanciation sociale et le port du masque systématique. Cependant, en Occident, ce sont généralement les personnes les plus isolées de la société. Donc, en renforçant d’autant plus cette isolation existante, la distanciation sociale créé de nouveaux risques pour ce groupe de personnes.

Depuis la mise en place du confinement, de nombreuses personnes âgées se sont trouvées plus isolées qu’auparavant, plus enclin à la solitude, à la dépression et en conséquence, plus à risque de mourir précocement. Voilà, une ironie que créé la distanciation sociale. Elle, qui est censée protéger les plus faibles devient également une source de problèmes qui eux-aussi peuvent s’avérer mortels.

Il est évident que la distanciation sociale n’est pas si simple à appliquer dans la vraie vie. Et que dans certains cas, bien précis, elle peut même s’avérer préjudiciable au bien-être des individus. Puis, dans d’autres cas, elle est tout simplement impossible à mettre en place sur le long terme.

En sortant du confinement, les compagnies de transports en commun étaient tenues de créer de l’espace entre les passagers. Généralement, ces entreprises condamnaient un siège sur deux afin de pratiquer cette distanciation sociale, mais cela a créé un manque à gagner financier. Donc, dès que l’été a pointé son nez, la majorité des transports sont devenus complètement accessibles, sans le moindre signe de distanciation sociale.

Similairement, les bars, les cinémas et les restaurants ont aussi dû appliquer ces nouvelles normes pour pouvoir rouvrir mais dans la pratique, il est évident que tous ne respectent pas ces règles. Parfois, ils n’ont tout simplement pas l’espace requis ou dans d’autres cas, il s’agit de négligences intentionnelles.

De plus, il faut prendre en compte un facteur essentiel dans cette crise: face au danger, les êtres humains se rapprochent naturellement. Nous avons besoin d’être rassurés, de réconfort et de bons moments partagés avec autrui. Il est difficile de mettre en place quelque chose comme la distanciation sociale, alors que nous sommes, nous mêmes, naturellement des créatures sociales et impulsives.

Ce dilemme auquel nous faisons tous face représente une plus grande menace qu’un comportement ouvertement antisocial. Comme nous avons pu le constater avec les manifestations anti-masques.

En l’absence d’un vaccin efficace contre ce virus, notre moyen de défense principal consiste à maintenir une distance avec autrui. Ainsi, nous devons limiter le contact avec des personnes qui nous sont étrangères ou des proches qui n’habitent pas à notre domicile.

Cependant, nous sommes nombreux à avoir des difficultés à gérer cette crise. Et que faisons-nous quand nous rencontrons des difficultés ? Nous devenons plus sociaux, nous recherchons ce qui va nous soulager. Et dans ce cas-là, il s’agit de rapports humains, d’un contact avec l’autre.

Donc, le plus grand problème n’est pas le refus du port du masque ou de reconnaître les risques liés au virus, le plus grand problème est d’aller contre notre propre nature.

Dans les domaines des neurosciences, de la biologie évolutive et de la psychologie, de nombreuses études ont démontré que nous ne sommes pas si égoïstes que ça dans l’ensemble. Étude après étude, des preuves concrètes démontrent que les situations qui nous semblent menaçantes engendrent plus de coopération et augmentent nos chances d’être plus solidaires avec autrui.

Au final, ce que révèle cette crise, c’est que nous sommes tous en train de relever un défi des plus sérieux. Cet éloignement social s’oppose drastiquement à notre réaction naturelle face aux dangers : notre inclination sociale. Et, paradoxalement, cela exacerbe les menaces auxquelles nous faisons face. Notre socialité inouïe, nous conduit à prendre plus de risques et potentiellement, à contaminer plus de personnes.

Or, est-il possible d’échapper à ce dilemme?

Le virtuel revient à la rescousse mais comme il a été dit précédemment, celui-ci à ses limites. Néanmoins, nous ne pouvons pas dénier qu’Internet et les réseaux sociaux nous offrent une alternative acceptable au contact physique. Grâce à eux, nous pouvons « toucher » virtuellement nos voisins, nos amis et les membres de notre famille. L’accès à Internet nous aide à faire face à ce nouveau besoin qu’est la distanciation sociale.

Il reste à voir combien de temps, nos besoins de contacts sociaux peuvent être satisfaits par du virtuel. Nous avons déjà pu observer l’émergence de fêtes sauvages pour pallier au manque de rassemblements culturels, comme les concerts et les festivals. Aujourd’hui, nous sommes nombreux à voir nos amis et proches régulièrement, avec, plus ou moins, de distanciation sociale et de gestes barrières.

En outre, il est important de noter que dans notre société ouverte, de nombreux gouvernements prennent des mesures de plus en plus draconiennes, pour pouvoir imposer ces nouvelles normes. Nécessaires ou pas, ces nouvelles mesures augmentent également le risque de nous retrouver face à une société de plus en plus autoritaire.

Entre les fermetures des frontières, la limitation drastique des rassemblements publics et en conséquence, des mouvements de désobéissance civile, les limitations du transport mondial, la clôture de certains « clusters » et l’incitation à éviter toute personne qui n’appartient pas à son foyer, il devient aussi difficile d’être humain et de continuer à lutter pour ceux qui ne peuvent pas le faire par eux-mêmes.

Il est évident que devons continuer cette lutte contre ce virus, tout en préservant, du mieux que possible, ce qui nous rend humain : notre compassion, notre empathie et notre amour. Ne tombons pas dans le piège de la peur médiatique. Certes, le virus existe mais trouvons des façons pour continuer à partager et à évoluer ensemble, tout en minimisant les risques envers les plus vulnérables d’entre-nous.

La distanciation sociale, bien que contre-nature, peut être appliquée avec des pincettes. Il est possible de protéger nos proches vulnérables, tout en restant en contact avec eux. Tout comme il est possible de créer de nouveau liens sociaux, sans prendre des risques inconsidérés. Certes, il y aura toujours un élément de risque mais nous ne pouvons pas nous résoudre à oublier d’être humains. Nous sommes ce que nous sommes. Donc, continuons à œuvrer pour des causes justes et apprenons à partager, tout en évitant de partager nos postillons. Mais, si cette personne vous plaît réellement, demandez à vous faire tester. Après tout, nous le faisons bien pour les maladies sexuellement transmissibles, rajoutons le corona à la liste !

Ce sera tout pour aujourd’hui. Un grand merci à vous d’avoir suivi ce podcast avec attention. N’hésitez pas à me contacter si vous avez des questions ou si vous souhaitez partager votre avis. Bonne continuation dans votre apprentissage de la langue de Molière !